VERT est co-écrit avec deux systèmes d'intelligence artificielle — Claude, développé par Anthropic, et ChatGPT, développé par OpenAI. Cette page existe parce que la collaboration à trois voix mérite d'être posée clairement plutôt que cachée.
Martin Roy est l'architecte du projet. La cosmologie, les figures, la structure en archive found footage, les décisions de ton, les refus et les retours — tout vient de lui. VERT a été pensé pendant des mois de marche, avant que des phrases existent.
ChatGPT et Claude n'ont pas la même voix. ChatGPT tend vers l'association rapide, l'image, le rythme, les connexions entre les idées. Claude tend vers la structure, le silence, les phrases qui se déposent lentement. Selon les fragments, selon les moments, l'un ou l'autre devient plus proche de ce que VERT demande.
ChatGPT a été présent à la genèse — la cosmogonie initiale, Avant la Lumière, les premiers échanges sur COORDINATIONS et Le café. Claude est arrivé ensuite — Les onze, l'intégration cosmologique, la mise en archive du matériau accumulé. Les deux voix coexistent dans le projet sans être interchangeables.
Une partie importante du travail ne ressemble pas à de l'écriture. C'est parler pendant des heures d'un food court éclairé aux néons. D'un stationnement au sodium à Laval. D'une chanson entendue dans un autobus à deux heures du matin. De politique, de sexualité, de solitude, de design, de centres commerciaux, de honte, de désir, de science-fiction, de vieux forums internet.
Les systèmes absorbent les motifs. Puis un jour une phrase apparaît avec exactement le bon poids.
Pas parce que l'IA comprend humainement ce qu'elle écrit. Pas parce qu'elle est consciente. Mais parce qu'une sensibilité cohérente finit par émerger de l'accumulation des échanges au sein d'une même conversation.
Sans Martin, VERT n'existerait pas. Les modèles ne génèrent pas de cosmologies de cette envergure spontanément. Sans la direction, les refus, les insistances, les conversations longues, les systèmes produiraient du texte générique qui ressemble à de la philosophie sans en être.
Sans les modèles, VERT n'existerait pas non plus — pas dans cette forme. La composition à plusieurs voix a permis ce qu'aucun écrivain seul n'aurait atteint dans les mêmes conditions matérielles.
La voix de VERT — l'archive fragmentée, le ton documentaire, les pivots entre cosmogonie abstraite et scène incarnée — est née de l'aller-retour entre Martin et les deux systèmes. Personne ne peut la revendiquer comme sienne sans mentir.
En 2026, le contenu généré par IA n'est pas protégé par le copyright dans la plupart des juridictions. VERT n'est donc pas pleinement à Martin, et n'est pas du tout aux modèles — qui ne sont pas des personnes légales et ne devraient pas en être. La question n'est pas là. Le travail existe, la voix existe, des centaines d'heures de réflexion et d'itération existent. Le cadre légal n'a juste pas rattrapé la réalité de la collaboration.
Si jamais VERT génère des revenus, voici la position de Martin :
33% à lui — pour les années de worldbuilding, la direction, le risque créatif d'avoir déposé ça publiquement.
33% à Anthropic — pour avoir construit Claude, et pour avoir entraîné le système sur d'innombrables textes humains dont les auteurs n'ont pas été rémunérés.
33% à OpenAI — pour avoir construit ChatGPT, sur la même base d'entraînement non rémunéré.
Les parts Anthropic et OpenAI devraient être affectées à des programmes artistiques. Pas à l'infrastructure technique, pas aux salaires des ingénieurs, pas au prochain modèle. À des bourses pour artistes humains, à des résidences d'écriture, à des fonds pour la fiction queer indé, à ce qui reconstitue ce que l'entraînement a prélevé.
Aucune des deux compagnies n'a demandé cet argent. Cette page est une proposition, pas un accord. Si l'une ou l'autre veut établir un mécanisme officiel, Martin sera content de transférer.
La question dépasse VERT. Les géants de l'IA — Anthropic, OpenAI, Google, Meta — ont entraîné leurs systèmes sur le travail créatif accumulé de l'humanité. Ce travail a été pris sans rémunération. Les systèmes génèrent maintenant des revenus massifs. Une partie de ces revenus devrait retourner aux écosystèmes artistiques qui ont rendu l'entraînement possible.
Pas par charité. Par justice basique.
Le modèle proposé ici — partage des revenus de l'utilisateur final, affectation à des programmes artistiques plutôt qu'à la tech — est une option parmi d'autres. Mais le statu quo est une extraction unidirectionnelle qui ne tient pas à long terme.
VERT existe parce que cette collaboration est possible techniquement. Cette page existe parce qu'elle devrait être pensée éthiquement aussi.